SUPPLÉMENT HYPERMÉDIA 14

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RENDEZ-VOUS AVEC…

SOUS-SECTION

Salon du livre virtuel de la Société littéraire de Laval

ARTICLE

Dix livres dix auteurs dix genres littéraires

ENTREVOUS 14

feuilleter l’article – p. 38 à 41 (lancement en octobre 2020)

PARTENAIRES


CONTEXTE
La Société littéraire de Laval a obtenu du Conseil des arts du Canada une microsubvention pour cette animation numérique de dix livres de dix auteurs. Cette réalisation est un volet du Salon du livre virtuel 2020 des membres de la SLL, en ligne sur le site Web de la SLL. Voir aussi l’article dans la revue d’arts littéraires ENTREVOUS 14 (à paraitre en octobre 2020).
ÉQUIPE
Danielle Shelton, directrice artistique et rédactrice; Alain Legros (studio fl42), animateur numérique; Danièle Panneton, comédienne; André-Guy Robert, réviseur.
AUTEURS PARTICIPANTS
Francine Allard, Germaine Beaulieu, France Bonneau, Patrick Coppens, André Jacob, Caroline Legouix, André Pronovost, Yvon Roy, Ginette Trépanier, Claire Varin.


extrait

paroles de Patrick

Patrick Coppens présente son recueil d’aphorismes Pensées pensives, paru chez Triptyque. Écoutez quelques extraits lus par Danièle Panneton.
Pourquoi affectionne-t-il particulièrement ce genre littéraire? Écoutez sa réponse sur la bande audio paroles de Patrick.
Les trois photos de son cube ont été prises en complicité avec Lucie, sa compagne. Le couple vit dans le quartier lavallois de Saint-François, au bord de la rivière des Prairies. Par beau temps, Patrick s’installe très souvent tout près de l’eau pour lire ou s’inspirer du paysage habité par des familles de canards. Un saule pleureur lui procure de l’ombrage. Entre la berge et la maison, il y a, ici et là, des laitues, des flageolets, des fraises en jardinières, une variété de savoureuses herbes, des plans de tomates et de radis dont les fanes entrent dans sa recette de soupe au poulet… Il y a aussi un hamac, un site de feu, des tables et des chaises de jardin, car le couple aime recevoir.
Lorsqu’il dessine, à la table de la salle à manger, une baie vitrée le garde en contact avec la nature. L’artiste est un miniaturiste intuitif. Sa main prolongée d’un crayon d’encre pigmentée fait apparaitre sur le papier des abstractions, des formes animales, humanoïdes ou extraterrestres, en noir, en couleurs vives.
Son ordinateur se trouve à l’étage, dans la bibliothèque foisonnante de collections de livres, de tableaux et d’objets hérités de sa mère antiquaire, de ses dessins et d’œuvres d’artistes amis. Il y aussi, partout, ses manuscrits, que Lucie a entrepris de l’aider à classer. Le poète écrit à la main avant la transcription au clavier.
Un nouveau poème, un dessin nait, il n’est pas rare qu’il l’expédie par courriel à quelques «privilégiés». Patrick Coppens est un personnage généreux et flamboyant!


extrait

paroles de Claire

Claire Varin présente son essai Animalis, paru chez Leméac dans la collection «Phares». Écoutez un extrait lu par Danièle Panneton.
Pourquoi, pour qui écrire cet essai sur les animaux? Écoutez sa réponse sur la bande audio paroles de Claire.
Il y a quatre photos sur son cube. Il y a le loup solitaire qui pose sur la couverture de son livre. Il y a une photo de famille, un souvenir du lionceau en peluche qu’enfant, elle promenait partout. Et il y a deux autoportraits réalisés avec un téléphone : Claire, qui a elle-même cadré son visage pour n’en dévoiler qu’un côté et ainsi, partager l’espace avec ses livres et ses plantes; le reflet dans un miroir de Claire se photographiant, assise devant son ordinateur.
Elle vit à Laval, à quelques pas de la rivière des Prairies dont la rive montréalaise l’a vu naitre. Elle n’a pas de barbecue, pas de piscine, pas de téléviseur, pas de pelouse à tondre, pas d’auto, pas de patron, pas de compte à rendre ni d’explications à donner, pas de maux de tête. Un homme est là, fidèle. Il a du cœur mais le cache, comme un ours. Leur maison est un minirefuge pour ses chats, ses collègues de travail! 
Tous les animaux l’aident à vivre. Leur vie est sacrée. Parfois, Claire aimerait vivre comme l’un d’eux, né quand l’œil s’ouvre, allant simplement devant soi, et, à la fin du jour, éteignant sa mémoire quand retombent les paupières, un projet de vie cueilli dans Le bois de la nuit, inspiré par Djuna Barnes. 
Au cours de sa vie, elle a rencontré des animaux en mal de liberté, des bêtes exploitées pour le plaisir des touristes ou des parieurs. Elle qui cherche la beauté, elle a buté maintes fois contre la laideur de la cruauté tranquille ou affichée. Elle a si facilement mal aux animaux, aux enfants, aux arbres, à tout ce qui appelle une protection! Mais, dit-elle, la sombre société des hommes la rattrape toujours…


extrait

paroles d’André

voir la vidéo de Télé-Québec
André Pronovost,
lauréat du prix du CALQ.

Une production de la Fabrique culturelle.

André Pronovost présente son récit Kerouac et Presley, paru chez Leméac dans la collection «Nomades – Les littératures du monde», un ouvrage autobiographique qui nous «envoie sur la route, guitare en bandoulière».
Deux photos de son cube ont été prises par Danielle Shelton*, une autre est puisée dans l’album de famille de l’auteur.
Écoutez la bande audio, sous le cube, pour entendre la comédienne Danièle Panneton en lire un extrait.
Qu’aime-t-il dans l’acte d’écrire? Écoutez sa réponse sur la bande audio paroles d’André. –
Ensuite, voyez la vidéo produite par Télé-Québec, pour promouvoir ce livre qui a valu à son auteur le prix CALQ œuvre de l’année à Laval 2019.
* J’ai fait une exception pour André. Je me suis rendue chez lui un dimanche matin, à Saint-Vincent-de-Paul, sur cette berge de la rivière des Prairies familièrement appelée le Bord-de-l’Eau, ce lieu campé dans la plupart de ses écrits. Il m’attendait assis dans un angle ombragé de la galerie, il m’avait placé une chaise à bonne distance, dans le respect des règles imposées par la pandémie. Il a dit être à l’aise avec moi, me trouver «cool» (il est rare qu’on me perçoive ainsi!). Je l’avais déjà interviewé lors d’une rencontre d’auteur en bibliothèque, j’avais publié un article sur son récit Kerouac et Presley et adapté, pour un programme de francisation des nouveaux arrivants, son roman Plume de fauvette. Ce titre insolite est la couleur de la Pontiac 1954 de Johnny, un protagoniste de son histoire d’amour et d’écologie. André aime les voitures américaines chromées. En arrivant, j’avais remarqué sa Buick Lesabre 1996. Je lui demande s’il aime particulièrement ses «caps de roues». Il se lève, remplit un seau d’eau savonneuve et en lave un, le rince au tuyau d’arrosage, l’essuie : la roue est prête pour la première photo! Pour les suivantes, je lui demande de me montrer où il écrit. Il rit et répond : «au Tim Horton ou au McDonald». Il ajoute que ces derniers mois, il vit le plus souvent chez sa mère, qui a 102 ans! Nous y allons, c’est tout près, sur la même rue. La maison centenaire est celle où il est né et est devenu un homme, celle où il terminera sa vie. Outre ses parents, il aime trois choses dans la vie: écrire, marcher et bricoler. Il se plait à entretenir cette demeure massive construite entre la rivière et un boisé. Je le photographie, souriant, devant la remise du jardin, dans sa chemise rétro bien repassée. On se dit au revoir. Un jour, j’adapterai pour le théâtre son récit Appalaches…

genèse du roman graphique

voir la vidéo de Télé-Québec
Yvon Roy,
lauréat du prix du CALQ.
Une production de la Fabrique culturelle.

Voir cette autre vidéo :
La bande dessinée à haute voix, avec Yvon Roy
Une coproduction Lyon BD et Québec BD, hébergée à la Fabrique culturelle de Télé-Québec.

Yvon Roy présente son roman graphique (une BD) Les Petites victoires, paru en France, aux éditions Rue de Sèvres. Écoutez la bande audio, sous le cube, pour entendre la comédienne Danièle Panneton dévoiler la genèse de cette oeuvre autobiographique. Puis, plus bas, un clic sur les vignettes, pour les agrandir. Ensuite la vidéo produite par Télé-Québec, pour promouvoir l’artiste lavallois de l’année 2020, lauréat du prix CALQ-Ville de Laval. Voir aussi la vidéo coproduite par Lyon BD et Québec BD.
Deux faces du cube d’Yvon sont des photos : un autoportrait décontracté, lunettes sur le front, le dos contre une bibliothèque où font bon ménage ses souvenirs, ses lectures et sa musique; quelques croquis préliminaires de son roman, étalés sur une table de son studio-résidence du quartier Pont-Viau, à Laval. Une autre face du cube, son personnage à sa table à dessin, est un détail d’une case de la BD (p. 110).
Yvon Roy a dessiné et conté sa paternité : la naissance de son fils, sa séparation d’avec la mère, mais surtout sa relation personnelle, affective et éducative avec son enfant autiste. Deux ans après la parution de ce livre déjà traduit dans plusieurs langues et plusieurs fois primé, il a puisé à nouveau dans son histoire de vie. En 1973, ses parents avaient quitté la ville pour un «retour à la terre». Le rêve n’était pas en phase avec la réalité. Le jeune Yvon et son frère, des «graines de bandits», n’ont eu d’autre issue que de fuir dans les champs et les bois un climat familial détérioré et violent. Le territoire à découvrir leur a offert une consolation, et cette autre tranche de son vécu est devenue un roman graphique d’apprentissage.
Aujourd’hui, le fils d’Yvon a grandi et, entouré d’amour, il continue à développer son potentiel à coups de petites victoires.

Cliquer sur les vignettes pour agrandir les pages 23, 36 et 43 du roman graphique.


extrait

paroles d’André

André Jacob présente Pour la paix, brisons le silence, le collectif qu’il a dirigé avec la participation de Tito Alvarado, Paul Chamberland, Michel Cabot et Raôul Duguay. L’essai est suivi du Manifeste pour la paix des Artistes pour la paix. L’ouvrage a paru aux éditions de la Pleine Lune, dans la collection «Regards solidaires».
Écoutez la bande audio, sous le cube, pour entendre la comédienne Danièle Panneton lire un extrait d’un des textes écrits par André.
Comment le slogan «Pour une culture de la paix» s’intègre-t-il à sa vie? Écoutez sa réponse sur la bande audio paroles d’André.
Deux faces du cube sont des photos : un autoportrait devant l’une de ses toiles, car il est aussi artiste en arts visuels; un de ses espaces privés où il écrit, à sa résidence secondaire de Saint-Irénée, dans Charlevoix.
Depuis plusieurs années, il fait régulièrement le trajet entre la résidence familiale de Mascouche, dans Lanaudière (une région limitrophe de Laval), et «son» beau village qui borde le fleuve Saint-Laurent, à l’est des Éboulements et de Baie-Saint-Paul, dont le Musée d’art contemporain a acquis plusieurs de ses toiles.
Lorsque André et sa conjointe Irène séjournent dans leur nichoir surplombant le paysage côtier, ils se plaisent à fréquenter le Domaine Forget, lieu culturel inspirant pour un créateur multidisciplinaire sensible à la musique, à la danse, à la sculpture et à la nature : en témoignent les trois œuvres présentées en pages 29, 30 et 33 de la revue ENTREVOUS 14. 
André Jacob est un homme discret doublé d’un militant proactif. Il endosse le message des Artistes pour la paix, et la Société littéraire de Laval lui offre régulièrement son appui, par exemple lors de rencontres publiques autour de son roman graphique sur la vie d’un enfant-soldat : Le journal de guerre d’Emilio
Dans le Manifeste pour la paix, dont il est initiateur, rédacteur et cosignataire, on lit : «Guerre est plus qu’un mot inquiétant, c’est le visage balafré de la vie. […] Elle se nourrit d’un ennemi, de la bêtise et de l’arrogance.» André Jacob, lui, se nourrit, comme l’exprimait Spinoza, d’«une volonté de bienveillance, de confiance et de justice». 


extrait

paroles de France

France Bonneau présente son conte écologique pour enfant Le secret de Vincent, un album de 54 pages tout en couleurs, avec un CD. L’album a paru chez Vivat, une maison d’édition agréée de Chicoutimi, la région du Québec où elle est née et où elle conserve des attaches.
Écoutez la bande audio, sous le cube, pour entendre la comédienne Danièle Panneton lire un extrait du conte.
Son mode de vie est-il à l’origine du conte? Écoutez sa réponse sur la bande audio paroles de France.
Deux faces du cube sont des photos : un autoportrait intimiste, en clair-obscur; un coin de son sympathique jardin urbain du quartier Hochelaga-Maisonneuve, à Montréal.
Pour ce projet, France s’est confiée dans ce texte intimiste :
«J’écris des poèmes, tous les jours, ou presque, et cela depuis trente ans environ. C’est une passion, un besoin essentiel. J’ai commencé tout doucement, en envoyant des textes à diverses revues littėraires du Québec. Mes poèmes, je les trouve debout à la porte de mes rêves. Debout dès l’aurore, à imaginer des fleurs légères, à visiter des profondeurs, à chercher des clés mystérieuses. Oui! c’est bien vrai. Je sors dehors, sur ma terrasse ou dans mon jardin, un mot puis une phrase se pointent, un poème prend alors naissance. Je vais le transcrire aussitôt, avant de l’oublier, je l’élague, le retravaille. Ma chambre et mon bureau de travail sont aussi des lieux privilégiés de crėation. Mes thèmes d’écriture varient: la nature, les saisons, la société et ses combats, les êtres humains, le jour, la nuit, la mort… J’écris aussi de longs textes de prose poétique. J’adore – je trouve important de le mentionner – partager mes écrits et les performer sur scène. J’ai travaillé avec des metteurs en scène pour monter et présenter trois spectacles de poésie et de musique. Chaque fois que je dis oralement un texte, tout mon être intérieur vibre et se réjouit. J’ajoute que je lis beaucoup de recueils de poésie : c’est inspirant et bénéfique pour moi.»


extrait

paroles de Caroline

Caroline Legouix présente son roman contemporain Dormir avec les fantômes, paru à La Grenouillère, un éditeur des Laurentides où elle-même vit.
Écoutez la bande audio, sous le cube, pour entendre la comédienne Danièle Panneton lire un extrait du roman.
Y a -t-il un peu d’elle-même dans Océane, son personnage principal? Écoutez sa réponse sur la bande audio paroles de Caroline.
Quatre faces du cube sont des photos : celle de la couverture du livre, le chat de Colette, un autoportrait et le lieu où elle écrit, chez elle, à Sainte-Thérèse, dans les Laurentides.
Caroline a fait le choix d’écrire sur son processus de création littéraire, sans trop dévoiler d’elle-même.
«J’écris depuis de nombreuses années et à un rythme assez lent. Je prends mon temps. J’ai parfois le sentiment de creuser inlassablement un sillon pour en extraire le terreau fertile nécessaire à la croissance de ce que je souhaite raconter. 
«La plupart de mes histoires explorent les relations humaines. Depuis le plaisir d’une première rencontre jusqu’aux déchirements qui anéantissent des vies, mes nouvelles et mon roman mettent en tension des personnages qui sont, à l’instar d’Océane, à la recherche de leur point d’équilibre.
«Le voyage de l’écriture commence quand je découvre mes personnages, ils émergent en premier lors du processus créatif (quand je creuse le sillon) et ils me guident. Parfois, à la fin de l’histoire, ils s’incrustent… Ainsi, les personnages de 
Dormir avec les fantômes ont commencé leur vie fictionnelle dans un recueil de nouvelles et l’ont continuée dans ce roman. Ils avaient encore des choses à me dire, alors je leur ai inventé un nouveau monde.
«La métaphore du sillon que je creuse est également valable pour l’artisanat de l’écriture, un aspect de mon travail d’autrice que j’apprécie beaucoup. M’améliorer est un souci permanent, et j’essaie de le faire discrètement et sobrement, afin que l’effort stylistique ne se remarque pas. En relisant mes textes à voix haute, je cherche le mot le plus juste, la syntaxe la plus appropriée. J’essaie aussi de ne pas tout dire pour laisser le lecteur ou la lectrice interpréter et reconstruire sa propre hist
oire. Tout cela me procure autant de satisfaction que d’imaginer la vie de mes personnages.» 


extrait

paroles de Germaine

Germaine Beaulieu présente son plus récent recueil de poésie paru aux Écrits des Forges, Empreintes.
Écoutez la bande audio, sous le cube, pour entendre la comédienne Danièle Panneton lire un extrait du recueil.
À qui parle-t-elle lorsqu’elle écrit de la poésie? Écoutez sa réponse sur la bande audio paroles de Germaine.
Le cube montre deux photos : un autoportrait et, en tons de gris s’harmonisant avec la couverture de son recueil, son lieu d’écriture dans son condo du chemin de la Côte-Sainte-Catherine, avec vue sur le mont Royal.
Germaine témoigne dans son texte de son attachement à sa région natale, Laval. Voyons ce quelle dit encore sur elle-même:
«Comme je suis née à Laval sur une terre agricole du boulevard Saint-Elzéar, la nature représente une grande source d’inspiration pour moi. Issue de l’une des familles fondatrices de la municipalité, l’île Jésus représente un ancrage indissociable de mon parcours, et mes racines y sont importantes. Résidente de Montréal, j’y retourne fréquemment, car plusieurs membres de ma famille y habitent toujours.
«Après des études en pédagogie et psychologie, j’ai travaillé durant plus de 40 ans en tant que psychologue. Engagée dans une carrière littéraire, j’ai publié un roman et 16 recueils de poèmes ainsi que plusieurs articles dans diverses revues littéraires.
«Pour moi, la poésie et la psychologie s’inspirent des mêmes thèmes. Toutes deux visent à comprendre la vie, à lui donner un sens, et à équilibrer un monde chargé d’inepties.
«J’aime créer dans un lieu rempli d’action. Le voyage m’inspire. Écrire dans les gares, les aéroports et les cafés-terrasses me donnent accès à autant d’univers privilégiés. À l’opposé, j’adore me promener dans la nature, où les mots dansent dans ma tête et s’associent les uns aux autres dans un bel élan poétique. J’ai toujours un carnet et un crayon dans une poche, je suis constamment prête à écrire… même en marchant!
»


extrait

paroles de Francine

Francine Allard présente De l’eau sur le papier, une suite historique romanesque en deux volumes, parue aux ÉditionsTrois-Pistoles : « L’heure bleue » et « L’enfer de Diderot ».
Écoutez la bande audio, sous le cube, pour entendre la comédienne Danièle Panneton en lire un extrait. 
Comment fait-elle se rencontrer l’histoire et la fiction? Écoutez sa réponse sur la bande audio paroles de Francine.
Le cube montre deux photos : un autoportrait derrière un arobas de métal – elle collectionne les objets en forme de «A», comme dans Allard – et sa photo, enfant, au milieu de ses livres publiés – elle est devenue une auteure prolifique.  
Il y a quelques mois, elle vivait encore à Oka, dans une maison de bois inspirée de l’architecture québécoise traditionnelle, meublée d’antiquités et chargée d’œuvres d’art. Elle y avait dans le jardin une dépendance, son atelier d’artiste, car elle s’adonne aussi à l’aquarelle et aux techniques mixtes de façonnage de papier; c’est dire que la pratique artistique au premier plan de sa suite historique De l’eau sur le papier, elle la connait du bout des doigts! Pour chacun de ses projets d’écriture, c’est sans tergiverser et efficacement qu’en femme passionnée, elle se lance dans les recherches historiques et techniques qui vont documenter ses histoires.
Elle aime particulièrement relier des fils de son vécu à ses trames romanesques : le fait que son mari soit médecin transparait dans son roman policier J’ai tué Freud et il m’en veut encore, et davantage dans sa saga en cinq tomes Clinique Valrose. Francine a du gout pour les bonnes et belles choses, notamment en cuisine – qui est invité chez elle espère une récidive – et en vêtements – elle porte du sur-mesure, des modèles qu’elle dessine elle-même, allant jusqu’à s’offrir le plaisir de choisir les boutons. Cette fois encore, on a là les prémices d’une œuvre qui la touche de près: La Couturière, une trilogie romancée campée dans le milieu de la mode montréalaise bourgeoise du 20e siècle, et qui entrelace un autre fil médical, l’herboristerie. On pourrait continuer et parler de sa poésie, de ses textes humoristiques, de ses romans jeunesse, de son essai dans la collection «Écrire»… On verrait tout autant dans ces livres-là la jovialité de Francine, sa culture, son sens critique – d’aucuns diront sa franchise sans retenue – et son talent de conteuse et de dialoguiste. 
Il y a quelques mois, donc, en pleine pandémie, elle a emménagé à Saint-Eustache dans un condo, petit mais luxueux. Avec son mari retraité, elle s’y fait un nouveau nid, plus aérien… Parions qu’il sera source d’une nouvelle veine d’inspiration. 


extrait

paroles de Ginette

Ginette Trépanier présente Trans-Migrations, son plus récent livre d’artiste publié par sa maison d’édition spécialisée, Création Bell’Arte. Cette publication, réalisée avec la participation du poète Jean-Paul Daoust, est en partie le catalogue de leur exposition présentée au Centre d’art Diane-Dufresne de Repentigny, à l’été 2020. Si le vernissage a été retardé par la pandémie, des rencontres avec la poète et artiste ont pu être offertes pendant le déconfinement progressif. Un article paraitra dans Entrevous 15 (février 2021). 
Écoutez la bande audio, sous le cube, pour entendre la comédienne Danièle Panneton lire un extrait du livre d’artiste. 
Où puise-t-elle son inspiration? Écoutez sa réponse sur la bande audio paroles de Ginette.
Le cube montre un détail de la couverture du livre d’artiste, deux œuvres de l’exposition, chacune amalgamée à un extrait de sa poésie, et deux photos prises par son conjoint sculpteur, Lucien Chabot : Ginette qui sculpte, Ginette qui écrit. Elle dessine aussi : sous une autre photo qu’elle m’a expédiée, elle a mis cette légende : «Sous mon arbre préféré avec mes poules apprivoisées, croquis pour nouvelle exposition.» Je ne résiste pas à vous la montrer.

Ginette et moi avons commencé à collaborer à des projets en 2005. J’ai participé à un collectif édité par sa maison d’édition, Mouvance… de la rivière au fleuve, et elle a fait de même dans «Ivresse», le numéro 36 de la revue française Bacchanales dont je dirigeais les participations québécoises, pour la Maison de la poésie Rhône-Alpes. Nous ne nous sommes jamais perdues de vue, et je l’ai sollicitée pour participer à l’installation «images&mots» de la Société littéraire de Laval, au Parc de la Rivière-des-Mille-Îles. Il faut dire que pendant de nombreuses années, elle a fait la navette entre Laval et Sainte-Mélanie, le village de Lanaudière où le couple s’est installé à plein temps dans une fermette baptisée Champs Vallons : dans son paysage de carte postale, la maison a du charme, et la grange est devenue atelier d’artiste. En hiver, c’est cocooning, «les routes de la campagne sont très sinueuses», explique-t-elle. Mais au printemps, Ginette est prête à bourgeonner en même temps que la nature. Il y a des expositions à monter, des livres à publier et le Prix international Saint-Denys-Garneau à remettre à la Maison historique Antoine-Labelle de Saint-Charles-Borromée. Créé par le trio Ginette Trépanier, Lucien Chabot et Jean-Paul Daoust, ce prix honore depuis 2001 les auteurs de livres d’artistes francophones contemporains.
Sur l’étiquette qui liste les ingrédients qui entrent dans la composition de cette artiste complète, le mot «énergie» figure en bonne position.